Chaque année depuis 1998, nous avons marqué les jeunes Crave à bec rouge au nid, à l’aide d’une combinaison unique de 3 bagues colorées et une bague métallique « Muséum Paris ».
La bague métallique, : Cette bague comporte un numéro unique et les informations suffisantes pour permettre le rapatriement postal de la bague vers le centre émetteur de celle-ci. En France, c’est le CRBPO une équipe de recherche du Muséum National d’Histoire Naturelle qui coordonne et gère toutes les données. A l’échelle européenne ces données sont centralisée vers la base de donnée européenne Euring. Ainsi lorsque vous trouvez un oiseaux mort bagué, expédiez la bague métallique au CRBPO Muséum National d’Histoire Naturelle 55 rue Buffon 75005 Paris France, en précisant date, lieu et circonstance de votre découverte. En retour vous recevrez l’histoire de celui-ci (où et quand à t-il était bagué). Les bagues couleurs, : En plus de la bague métallique, des bagues plastiques de couleur peuvent être posées sur les pattes. Celles-ci forment alors une combinaison couleur unique et propre à un individu. Cet individu peut ensuite être suivis à distance -observation à la jumelle ou longue vue- sans être dérangé.

Ici patte gauche Orange/bagueMetal ; patte droite Noir/blanc
Lorsque vous observez un crave bagué veuillez transmettre votre information combinaison couleur, date, lieu, circonstance (vivant, blessé, mort), et éventuellement comportement et nombre de crave l’accompagnant.
à Christian Kerbiriou CRBPO/CERSP UMR 5173 Muséum National d’Histoire Naturelle 55 rue Buffon 75005 Paris France ou par mail : kerbiriou mnhn.fr
- Etude du fonctionnement démographique Au total sur la période 1998 à 2008 près de 150 jeunes marqués ont été re-contrôlé à l’envol, ce qui représente 72% de l’ensemble des jeunes à l’envol sur l’île pour cette période. Ces oiseaux ont ensuite été régulièrement suivis (totalisant plus de 3000 observations). Cela a permis par exemple d’estimer les taux de survies des oiseaux au cours de leur première année : 32% de survie. Mais également en focalisant cette fois-ci sur les survies mensuelle, d’identifier les périodes critique pour la survie des jeunes Craves au cours de leurs 12 premiers mois. (pour plus de détails cliquez ici)

Enfin, l’analyse des sources de variations des survies notamment en août a relevé l’impact fortement négatif de la fréquentation touristique : plus il y a de touristes en août sur l’île, plus la survie des jeunes Craves ce même mois est faible. Dans le cas d’une augmentation de la fréquentation touristique du littoral ouessantin, la survie même de la population est engagée(pour plus de détails cliquez ici)

- Etude des phénomènes de dispersion et immigration/émigration entre les autres populations bretonnes
Les craves sont connus pour être extrêmement sédentaires (sauf dans les secteurs montagnard ou de petites transhumances existes) et philopatrique (c’est à dire que les jeunes né dans une localité deviendront la plupart du temps reproducteur dans cette même localité). Cependant dans un contexte de fragmentation des populations au cours des 150 dernières années en Europe, il est important d’évaluer les
capacités de dispersion. Celles-ci si elles sont trop faibles pourraient être une source importante de consanguinité et à terme une menace pour le maintien de l’espèce dans ses derniers refuges. Jusqu’à présent quelques rares cas de dispersions ont pu être observées.
- Utilisation de l’espace et des habitats en fonction de l’âge et du statut des oiseaux
L’individualisation à l’aide du marquage couleur permet également d’étudier les différences d’occupation en fonction du statut de l’oiseau (reproducteur/non-reproducteur, alors qu’il n’existe que très peu d’élément distinctif visible sur le terrain) ou encore d’étudier l’occupation spatiale entre les différents couples reproducteurs. Les premiers résultats ont mis en évidence que les couples qui avaient des surfaces d’habitat favorables importants à proximité de leurs nids (dans un rayon de 300 mètres) avaient un plus grand nombre de jeunes à l’envol.
(pour plus de détails cliquez ici)

L’objectif de cette étude a été d’évaluer la viabilité d’une population de Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), dans un contexte d’espaces protégés confrontés à de profonds changements d’usages des sols. Cet oiseau, espèce emblématique, est en effet susceptible d’être affecté par les modifications des relations société-nature, telles l’abandon des pratiques agricoles et le développement touristique.
photo : Aurélien Audevard
L’étude s’est dans un premier temps focalisée sur l’identification des facteurs susceptibles d’influencer les paramètres démographiques de cette espèce. Le nombre de sites de reproduction apparaît comme un facteur très probablement limitant. Le succès reproducteur est quant à lui influencé par la superficie d’habitats favorables à proximité des sites de reproduction ainsi que par l’abondance des ressources alimentaires au printemps. Enfin la limitation de l’accès aux zones d’alimentation et la réduction du temps d’alimentation des oiseaux, occasionnées par la fréquentation touristique estivale du littoral, affectent la survie des jeunes Craves.
Dans un second temps, la viabilité démographique de cette population a été évaluée à l’aide de différents modèles et au travers de comparaisons de différents scénarios plausibles d’évolution et d’impacts des activités humaines. Dans l’éventualité d’une stabilisation de la fréquentation touristique et du processus d’enfrichement aux niveaux actuels, la population semble viable. Mais comparativement au contexte passé particulièrement favorable, la population semble désormais sur « le fil du rasoir », une diminution même légère d’un des paramètres démographiques conduirait à une extinction inéluctable. Compte-tenu des dynamiques actuelles, le dérangement touristique estival semble impacter le plus la population à court terme. Différents scénarios de gestion ont donc été envisagés, via notamment un modèle démographique spatialement explicite, développé au sein d’un Système Multi-Agents.
Objet de fascination, le crave à fait l’objet de nombreuses études et publications ; sans prétendre à une exhaustivité, cette rubrique tente de rassembler le maximum de références, regroupées en trois thèmes :
n’hésitez pas à l’enrichir en communicant vos références.
Résumé : Les analyses de paramètres démographiques s’avèrent être essentielles pour la compréhension des tendances démographiques d’une population. Il est donc nécessaire de recourir à ces méthodes afin d’évaluer la situation d’une population avant l’établissement de plans de gestions. Le Craves à bec rouge espèce patrimoniale et indicatrice de l’état des habitats constitue un objet d’étude intéressant. Lors de ce stage nous avons donc cherché à déterminer les facteurs biotiques et abiotiques jouant le plus sur les paramètres démographiques tels que le succès reproducteur, la qualité des juvéniles et la survie des individus. En effet, l’ile d’Ouessant est sujette aux variations d’habitats puisqu’il s’agit d’une zone à forte pressions anthropiques : enfrichement des sols et forte activité touristique particulièrement au mois d’Août. La comparaison de cette population avec la population de Craves d’Islay (Ecosse) a permis de tirer des premières conclusions. Il apparaît alors que le succès reproducteur et la qualité des juvéniles de la population de Craves d’Ouessant sont sensibles à la pluviométrie de l’hiver avant la reproduction. De plus, la survie de première année des juvéniles s’avère être dépendante de l’affluence touristique du mois d’Aout, période d’émancipation des juvéniles. Ainsi, ces résultats permettent d’appréhender les causes du déclin de cette population et éventuellement de focaliser les efforts de conservation sur les paramètres démographiques les plus sensibles.
Ce stage a été réalisé de mars à juin 2006 sur la réserve de Goulien-Cap Sizun gérée par l’association Bretagne Vivante - SEPNB. Il traite de la biologie de reproduction du crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), une espèce rare à forte valeur patrimoniale sur le Cap-Sizun et plus particulièrement sur les couples reproducteurs de la réserve. Il permet de mieux cerner cette espèce encore trop méconnue et de proposer aux gestionnaires une méthode de suivi plus léger, compatible avec leurs moyens. Le traitement statistique et géographique des données récoltées sur le terrain a permis de démontrer certaines similarités comportementales (agressivité intra et interspécifiques,fréquence d’alimentation de la femelle par le mâle en période d’incubation) avec les autres populations de crave maritimes étudiées à ce jour et apporte un éclairage originale sur leur comportement reproductif (assiduité de la femelle au nid en période d’incubation, variations horaires au cours de la journée). Il a également mis en avant une certaine évolution récente dans le comportement alimentaire de cette espèce très spécialisée par l’exploitation des terres agricoles cultivées.
Mots clefs : crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), Protocole de suivi,Biologie de reproduction, Démographie, Cap Sizun (Finistère).
Abstract : The spatial distribution of restored areas is likely to influence greatly the success of conservation programs, but is generally little considered. Here, we investigate how spatialization influences conservation efficiency in a threatened chough population of the Iroise Biophere Reserve, France. The dynamics of this population is affected by two main socio-economic changes : (1) abandonment of traditional agriculture, leading to loss of short grasslands, the chough feeding habitat and (2) development of ecotourism on the coast, impacting coastal habitat via trampling, leading to soil erosion or creation of short grassland, and strongly decreasing juvenile survival via disturbance. To define an efficient conservation program based on restoration of grasslands, we developed a Multi-Agent System using a spatially explicit individual-based model for the Chough population. We show that without habitat restoration, and with the observed current increase in tourism pressure, the population is predicted to go extinct quickly. The current program of grassland restoration, ignoring spatial aspects, is predicted to stabilize the population at its current size. However, alternative scenarios with the same management effort but focusing on the spatial distribution of restored areas could double the current chough population size. In addition, such scenarios also incorporate conservation of rare plants, traditional practices or landscape aspects.
Résumé : La conception ou la gestion d’écosystèmes passe par l’intégration de la société humaine dans son environnement. L’objectif de cette étude est de décrire un système d’interactions sociéténature, en prenant l’exemple du tourisme sur l’Ile d’Ouessant, au moyen d’une modélisation multi-agents. La biodiversité y est représentée à trois niveaux : à l’échelle individu-centré pour une espèce d’oiseau menacée, le crave à bec rouge, à l’échelle des populations pour des espèces végétales menacées et à l’échelle des communautés par un indicateur de richesse spécifique. Le tourisme est intégré en distinguant trois catégories –‘journalier’, ‘séjourt-court’ et ‘vacancier’ dont les comportements ont un impact différent sur la biodiversité soit directement soit au travers d’une pratique liée au tourisme, l’étrépage. Les premiers résultats montrent que le tourisme journalier a, de manière générale, moins d’impact sur les trois indicateurs de biodiversité que le tourisme de séjour (séjour court ou vacances). Des effets liés à la répartition spatiale ont été observés sur les plantes. Un effet émergent a été mis en évidence, laissant penser que l’arrêt de la pratique de l’étrépage serait déstabilisant pour la population de craves à bec rouge. Cette recherche a montré que l’utilisation d’un modèle multi-agents permet de préciser les phénomènes affectant la biodiversité afin d’orienter les politiques de gestion.