Maître de conférences à l’Université de Paris VII
Muséum national d’histoire naturelle
UMR n°5173 MNHN-CNRS-Université Paris VI :
« Conservation des Espèces, Restauration et Suivi des Populations » (CERSP)
61 rue Buffon
75005 Paris, France
Parmi les processus populationnels en cause dans la viabilité des populations naturelles, certains sont dits écologiques comme la stochasticité environnementale, la stochasticité démographique, la densité dépendance (positive ou négative), et d’autres, dits génétiques, sont liés à la baisse de valeur sélective des individus due à l’auto-incompatibilité, à la dépression de consanguinité, la mauvaise adaptation locale, ou encore à l’accumulation de mutations délétères. Si, en dynamique des populations ou en génétique des populations, on comprend assez bien le mode d’action de chacun de ces processus, on a encore beaucoup de mal à cerner toutes leurs interactions et à les hiérarchiser en fonction de leur impact sur la démographie. Un des principaux problèmes vient d’un manque de données empiriques permettant d’estimer assez précisément la distribution des paramètres démographiques (moyenne, variance…), l’échelle géographique à laquelle agit la densité dépendance, les distances de dispersion, la diversité génétique au temps 0, etc.
Centaurea corymbosa (Asteraceae, photo) est une espèce végétale endémique du massif de la Clape, dans l’Aude, dont les 6 populations sont suivies depuis 1994 par un groupe de chercheurs de Montpellier, Paris et Barcelone. De nombreux traits démographiques et génétiques sont bien connus chez cette espèce. En collaboration avec ces mêmes chercheurs (voir « collaborations » ci-dessous), je tente de modéliser la démographie de C. corymbosa à l’aide de modèles matriciels classiques et à l’aide de modèles démo-génétiques. Ce projet à pour buts :

Ce second projet inclut C. corymbosa et tout le complexe d’espèces auquel ce taxon est censé appartenir : les espèces des sections Maculosae et Paniculatae du genre Centaurea. Dans ce complexe d’espèces, essentiellement méditerranéen, quelques espèces répandues semblent avoir donné naissance, assez récemment, à de nombreux taxons endémiques, plus ou moins différenciés. J’aimerais comprendre un peu mieux, toujours en collaboration avec les chercheurs de Montpellier et de Barcelone, les causes et conséquences de la rareté dans ce complexe d’espèces. On peut s’attendre par exemple à ce que les espèces endémiques vivent dans des habitats plus stables, moins perturbés que les espèces communes, et qu’elles aient développé ainsi des caractéristiques spécifiques en poussant à l’extrême leur adaptation à cet habitat, au détriment de caractéristiques favorisant l’aptitude à la colonisation (longues distances de dispersion, cycle de vie court, possibilité d’autogamie). Dans cette hypothèse, il est possible que les espèces endémiques représentent des culs de sac évolutifs. Si cette hypothèse est confirmée, se poserait la question, dans une perspective de conservation de la biodiversité à long terme, de l’intérêt de porter l’effort de conservation plutôt sur les espèces endémiques ou plutôt sur une variété d’habitats disponibles aux espèces communes colonisatrices, et génitrices de nouvelles espèces. Ce projet comporte :
Cours, Travaux Dirigés et Travaux Pratiques à l’Université de Paris VII en Biologie Evolutive, Ecologie, Génétique de Populations, Botanique.
(En Délégation CNRS pour l’année 2006-2007.)