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NICOLAS Violaine

Maitre de conférence, Muséum National d’Histoire Naturelle
Equipe : Dispersion, Spéciation, Radiations



Contact :
UMR 5202
Laboratoire Mammifères et Oiseaux, CP51
55 rue Buffon
75005 Paris, France
vnicolas’at’mnhn.fr

http://violainenicolas.free.fr/Recherche.php



Axes de recherche


- Systématique

- Biologie évolutive

- Phylogéographie

- Ecologie

- Conservation de la biodiversité



Mes travaux ont pour but de mieux comprendre les facteurs ayant conduit à la diversification des petits mammifères (rongeurs et musaraignes) en Afrique. Du point de vue méthodologique je me base sur la construction de phylogénies moléculaires, ainsi que des analyses morphométriques et phylogéographiques.

La construction de phylogénies moléculaires me permet de dater les principaux évènements de divergence au niveau intra et inter-spécifique.

La comparaison des résultats obtenus pour plusieurs modèles me semble particulièrement pertinente car elle devrait à terme permettre de voir s’il existe une certaine congruence dans les dates des principaux évènements de divergence. Nous pourrons ainsi relier ces évènements de divergence à ce que l’on connaît des changements paléo-environnementaux, ce qui permettra de tester les hypothèses sur les processus de spéciation.

Les analyses morphométriques viennent en complément des analyses moléculaires et sont indispensables aux travaux de révision systématique. La description des espèces passant nécessairement par une comparaison avec les spécimens types ; or cette comparaison reste dans la grande majorité des cas uniquement réalisable sur base de la morphologie.


Programmes de recherche en cours :

Barcoding des rongeurs muridés africains (projet fiancé par l’ATM Barcode)

Ce projet vise à voir si les « codes barres d’ADN » peuvent être utilisés pour identifier les espèces de muridés d’Afrique sub-saharienne. En dépit du fait que de nombreuses espèces de muridés sont décrites d’Afrique sub-saharienne, leur diversité taxinomique reste largement méconnue. Ce manque de connaissances taxinomiques a des implications importantes dans la mesure où ces micro-mammifères affectent la vie de millions d’africains en raison des dégâts qu’ils provoquent aux cultures et denrées alimentaires stockées, mais aussi parce qu’ils sont les réservoirs ou les vecteurs de nombreuses maladies (peste, fièvre jaune, leptospirose, diverses fièvres hémorragiques etc..). La discrimination des espèces sur base de leurs caractéristiques morphologiques étant difficile, le « barcoding » d’ADN pourrait constituer un outil d’identification spécifique pertinent pouvant être utilisé par un large public.

Biogéographie comparée des petits mammifères forestiers de la zone du Dahomey Gap : rôle des savanes et des rivières comme barrière à la dispersion des espèces entre les forêts guinéenne et congolaise

Un large corridor constitué de forêts sèches et de savane, appelé « Dahomey gap », sépare actuellement la forêt guinéenne de la forêt congolaise.

Les synthèses biogéographiques réalisées sur la faune africaine forestière montrent que certaines espèces sont présentes à la fois à l’Est (zone congolaise) et à l’Ouest (zone guinéenne) du Gap de Dahomey, mais que de nombreuses autres sont confinées à l’une ou l’autre de ces régions. Pour expliquer la présence, au sein d’un genre donné, d’allo-espèces qui se remplacent géographiquement de part et d’autre du « Dahomey Gap » certains auteurs invoquent le rôle des changements paléoclimatiques du Pléistocène : cette zone a dû être privée de forêt durant la majeure partie du Pléistocène, ce qui aurait favorisé la spéciation en allopatrie des taxa forestiers. De nombreux auteurs reconnaissent le rôle des rivières (Niger, Volta, Cross) comme barrière à la dispersion des espèces. Nous nous proposons d’évaluer le rôle respectif des étendues de savane et des rivières comme barrière à la dispersion des espèces de petits mammifères terrestres (rongeurs et musaraignes) entre les forêts guinéenne et congolaise.

Influence de l’installation des hommes modernes au Maroc sur l’évolution de la biodiversité des petits vertébrés terrestres - MOMHIE (Projet financé par l’ANR)

Afin de comprendre les effets de l’arrivée et de l’installation des premiers hommes actuels (Homo sapiens) depuis 120.000 ans au Maroc sur les communautés de petits vertébrés terrestres, nous développons une approche multidisciplinaire inédite. Ce projet regroupe des paléontologistes, des zoologistes et des généticiens. Ainsi, l’étude des rongeurs, musaraignes, amphibiens et lézards se fait au moyen : (1) de l’étude des fossiles des 23 niveaux stratigraphiques allant du Pléistocène supérieur à l’actuel des grottes de la région d’El Harhoura -Témara près de Rabat ; (2) de l’étude de la biodiversité actuelle, de la biogéographie et de la génétique des populations dans des environnements naturels et perturbés. Les éléments ainsi obtenus permettront l’élaboration de nouveaux plans d’action pour la conservation afin d’améliorer la préservation de l’écorégion menacée que constituent les forêts claires méditerranéennes d’Afrique du Nord.